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Contrat location courte durée : les clauses obligatoires

Quelles clauses doit contenir votre contrat de location courte durée ? Guide complet pour propriétaires, conforme au droit français.

27 mars 2026
8 min de lecture

Contrat de location courte durée : pourquoi les clauses comptent autant que le contrat lui-même

Vous louez votre appartement pour un week-end, une semaine, ou le temps d'un festival ? Même pour un séjour de deux nuits, un contrat de location courte durée est votre première ligne de défense. Mais un contrat vide ou mal rédigé ne vaut pas mieux que l'absence de contrat.

La vraie question n'est pas "ai-je un contrat ?" — c'est "mon contrat contient-il les bonnes clauses ?"

Ce guide vous détaille chaque clause indispensable, ce que dit la loi, et les erreurs les plus fréquentes que commettent les propriétaires. À la fin, vous saurez exactement ce que doit contenir votre document pour être juridiquement solide.


Ce que dit la loi sur le contrat de location courte durée

En France, la location meublée de tourisme est encadrée principalement par le Code du Tourisme (article L324-1-1) et, pour les résidences principales, par la loi ALUR de 2014. La loi n'impose pas un modèle de contrat unique, mais elle fixe un cadre que tout document doit respecter.

À la différence d'une location longue durée régie par la loi du 6 juillet 1989, la location courte durée bénéficie d'une plus grande liberté contractuelle. Cela signifie que les parties peuvent librement fixer les conditions du séjour, tant qu'elles ne contreviennent pas à l'ordre public.

Cette liberté est un avantage — mais aussi un piège. Elle signifie que si vous n'écrivez pas une clause, elle n'existe pas. En cas de litige, ce que vous pensiez aller de soi ne sera pas retenu par un juge.


Les clauses obligatoires : ce que tout contrat doit contenir

1. L'identification complète des parties

C'est la base. Le contrat doit mentionner :

  • Le nom, prénom et adresse du propriétaire (ou du mandataire s'il passe par une agence)
  • Le nom, prénom et adresse permanente du locataire
  • Une pièce d'identité peut être demandée et son numéro mentionné dans le contrat

Sans identification précise des deux parties, le contrat devient difficilement opposable devant un tribunal. Un simple prénom Airbnb ne suffit pas.

2. La description précise du bien loué

Le logement doit être décrit avec suffisamment de détails pour éviter toute contestation :

  • Adresse complète du bien
  • Type de logement (appartement, maison, studio…)
  • Surface habitable approximative
  • Nombre de pièces et de couchages
  • Équipements mis à disposition (lave-linge, parking, Wi-Fi, etc.)

Cette clause protège aussi bien le locataire que le propriétaire. Elle fixe ce qui est inclus dans la location — et donc ce qui ne l'est pas.

3. Les dates et durée du séjour

La clause de durée est l'une des plus importantes. Elle doit préciser :

  • La date et l'heure d'arrivée
  • La date et l'heure de départ
  • La durée totale du séjour en nombre de nuits

Rappel légal important : pour une résidence principale, la location de courte durée est limitée à 120 nuits par an à Paris et dans certaines communes, et à 90 nuits consécutives ailleurs. Au-delà, le logement est requalifié en location meublée classique avec toutes les obligations qui en découlent. Consultez les règles de votre commune sur Service-Public.fr.

4. Le prix du loyer et les modalités de paiement

Cette clause doit mentionner sans ambiguïté :

  • Le montant total du loyer pour la durée du séjour
  • Les charges incluses (eau, électricité, chauffage, Wi-Fi)
  • Les éventuels frais de ménage
  • La date et le mode de paiement (virement, chèque, espèces dans la limite légale de 1 000 €)
  • Les conditions d'annulation et de remboursement

L'absence de clause d'annulation est l'une des erreurs les plus coûteuses. Sans elle, un locataire qui annule à la dernière minute peut prétendre à un remboursement intégral.

5. Le dépôt de garantie (ou caution)

Techniquement, "caution" et "dépôt de garantie" sont deux notions distinctes en droit français — mais dans le langage courant, les deux termes sont souvent utilisés pour désigner la somme versée avant le séjour pour couvrir d'éventuels dommages.

La clause doit préciser :

  • Le montant du dépôt (généralement entre 20 % et 50 % du montant total du séjour)
  • La date de versement (avant l'arrivée, idéalement)
  • Les conditions de restitution : délai (généralement sous 7 à 10 jours après le départ), justificatifs en cas de retenue
  • Ce qui peut justifier une retenue : dégradations, manque de ménage, objets manquants

Sans cette clause, vous ne pouvez légalement retenir aucune somme sur le dépôt, même en cas de dommages avérés.

6. Le règlement intérieur

Le règlement intérieur n'est pas techniquement une "clause" mais il est indissociable du contrat — il peut y être intégré directement ou annexé. Il doit couvrir :

  • Les horaires de silence et de respect du voisinage
  • L'interdiction de fumer (si applicable)
  • Les animaux de compagnie : autorisés ou non, sous quelles conditions
  • Le nombre maximum d'occupants
  • L'utilisation des équipements (barbecue, piscine, jacuzzi…)
  • Les consignes de tri des déchets et d'entretien courant

Un règlement intérieur bien rédigé et signé avec le contrat vous permet d'invoquer une violation contractuelle en cas de problème — ce qui est bien plus solide qu'un simple "je leur avais dit verbalement".

7. L'état des lieux

La clause relative à l'état des lieux précise :

  • Qu'un état des lieux d'entrée et de sortie sera réalisé
  • Par qui (propriétaire, locataire, huissier en cas de désaccord)
  • Sous quelle forme (formulaire écrit, application, photos datées)

Même non obligatoire légalement en courte durée, un état des lieux signé des deux parties est la seule preuve recevable d'une dégradation imputable au locataire. Sans lui, vous ne pouvez pas retenir le dépôt de garantie.

8. La clause de résiliation et d'expulsion

Cette clause prévoit les conditions dans lesquelles le contrat peut être résilié avant la fin du séjour, notamment en cas de :

  • Non-paiement
  • Troubles de voisinage graves
  • Non-respect du règlement intérieur
  • Sous-location non autorisée

Elle doit mentionner explicitement que le propriétaire peut demander au locataire de quitter les lieux sous un délai précis (généralement 24 heures de mise en demeure), et que les sommes versées restent acquises.


Les clauses facultatives mais fortement recommandées

Interdiction de sous-location

Si vous ne l'écrivez pas, un locataire pourrait légalement sous-louer votre bien via Airbnb pendant son séjour. Une simple phrase suffit : "Toute sous-location, même partielle et même à titre gratuit, est strictement interdite sans accord écrit préalable du propriétaire."

Clause d'assurance

Mentionner que le locataire est responsable des dommages causés au bien et qu'il doit disposer d'une assurance responsabilité civile valide pendant le séjour. Certains propriétaires demandent une attestation avant remise des clés.

Clause de confidentialité

Utile si vous recevez des professionnels ou des personnes publiques : elle interdit au locataire de divulguer l'adresse du bien ou de le mentionner sur les réseaux sociaux.


Questions fréquentes

Un contrat de location courte durée est-il obligatoire en France ?

Non, aucun texte de loi n'impose un contrat écrit pour une location de courte durée. Mais sans contrat, vous ne disposez d'aucune base juridique pour retenir un dépôt de garantie, facturer des frais supplémentaires ou expulser un locataire problématique. Le contrat écrit reste indispensable dans les faits.

Quelle différence entre un contrat de location courte durée et un bail meublé classique ?

Le bail meublé classique est encadré par la loi du 6 juillet 1989 et dure au minimum 1 an (9 mois pour les étudiants). Le contrat de location courte durée s'applique aux séjours touristiques et n'est pas soumis à cette loi. Il offre plus de liberté contractuelle mais moins de protection automatique pour les deux parties.

Peut-on utiliser le même contrat pour Airbnb et pour une location directe ?

Oui, un contrat de location courte durée bien rédigé est valable quelle que soit la plateforme de mise en relation. Il se substitue aux conditions générales de la plateforme et vous offre une protection bien supérieure dans le cadre d'un litige entre propriétaire et locataire.

Combien de temps dois-je conserver les contrats signés ?

Il est recommandé de conserver vos contrats de location au minimum 3 ans, durée de la prescription civile pour les créances locatives. En cas de contentieux fiscal, conservez-les 10 ans.

Le dépôt de garantie doit-il figurer dans le contrat ?

Oui, absolument. Sans clause écrite précisant le montant, les conditions de versement et de restitution, toute retenue de votre part sur le dépôt sera contestable. Le locataire pourrait exiger un remboursement intégral devant les tribunaux.


Conclusion

Un contrat de location courte durée n'est pas qu'une formalité administrative : c'est le document qui vous protège en cas de dégradation, d'impayé ou de litige avec un voyageur. Plus il est précis, moins vous êtes exposé. Les clauses détaillées dans ce guide — identification des parties, durée, prix, dépôt de garantie, règlement intérieur, état des lieux — forment le socle minimum d'un contrat solide.

Ne partez jamais du principe qu'une règle "va de soi" ou qu'elle "est évidente". Si elle n'est pas écrite dans le contrat, elle n'existe pas juridiquement.


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