La taxe de séjour, tous les propriétaires en location saisonnière y sont confrontés. Le principe est simple : chaque voyageur qui dort chez vous paie une petite somme par nuit, que vous reversez à la commune. En pratique, les questions s'accumulent vite. Quel montant appliquer ? Qui collecte quoi quand on passe par Airbnb ? Et que se passe-t-il si on oublie de la reverser ? Voici un point complet, à jour du barème 2026.
Comment fonctionne la taxe de séjour
La taxe de séjour est un impôt local, institué par délibération du conseil municipal ou de l'intercommunalité. Elle est due par les personnes non domiciliées dans la commune qui y séjournent à titre temporaire. C'est le voyageur qui la paie, mais c'est l'hébergeur qui la collecte et la reverse.
Le cadre légal est posé par les articles L2333-26 à L2333-47 du Code général des collectivités territoriales (CGCT). Toutes les communes ne l'appliquent pas : elle reste facultative, mais la grande majorité des communes touristiques l'ont instaurée.
Deux régimes coexistent :
- Taxe au réel : un montant fixe par personne et par nuit, selon la catégorie de l'hébergement. C'est le régime qui s'applique à la quasi-totalité des locations saisonnières.
- Taxe forfaitaire : calculée sur une base forfaitaire de nuitées et de capacité d'accueil. Elle concerne surtout les campings et hébergements de plein air.
Les mineurs sont exonérés de la taxe de séjour.
Le barème 2026
Les tarifs sont fixés par chaque commune à l'intérieur d'une fourchette légale, revalorisée chaque année. Voici les plafonds applicables en 2026 pour les principales catégories, publiés par la Direction générale des collectivités locales :
| Catégorie | Tarif plancher | Tarif plafond |
|---|---|---|
| Palaces | 0,70 € | 4,90 € |
| Hôtels / meublés 5 étoiles | 0,70 € | 3,60 € |
| Hôtels / meublés 4 étoiles | 0,70 € | 2,53 € |
| Hôtels / meublés 3 étoiles | 0,50 € | 1,60 € |
| Hôtels / meublés 2 étoiles | 0,30 € | 0,90 € |
| Hôtels / meublés 1 étoile | 0,20 € | 0,80 € |
Ces montants s'entendent par personne et par nuitée.
Le cas des meublés non classés
La majorité des locations saisonnières ne sont pas classées. Pour ces hébergements, le tarif n'est pas fixe : il est calculé en pourcentage du coût de la nuitée par personne (hors taxes). Le taux, voté par la commune, est compris entre 1 % et 5 %, dans la limite du tarif plafond le plus élevé adopté par la collectivité.
En clair : si votre logement non classé coûte 80 € la nuit pour deux personnes et que la commune applique un taux de 5 %, la taxe sera de 5 % × 40 € = 2 € par personne et par nuit.
Pour connaître le montant exact applicable à votre commune, utilisez notre simulateur de taxe de séjour.
Airbnb, Booking : la collecte automatique par les plateformes
Depuis le 1er janvier 2019, les plateformes de réservation qui servent d'intermédiaire de paiement (Airbnb, Booking, Abritel) sont tenues de collecter la taxe de séjour à la source et de la reverser directement aux collectivités, conformément à l'article L2333-34-1 du CGCT.
Concrètement, si vous louez via Airbnb ou Booking en mode « paiement par la plateforme » :
- La taxe est ajoutée automatiquement au prix affiché au voyageur
- La plateforme la reverse directement à la commune compétente
- Vous n'avez rien à collecter ni à déclarer pour ces réservations
Depuis juin 2024, les plateformes peuvent déposer une déclaration unique couvrant l'ensemble du territoire national auprès de l'administration fiscale. Elles sont alors dispensées de déclarer séparément auprès de chaque commune.
Attention : cette collecte automatique ne couvre que les réservations passées et payées via la plateforme. Si vous acceptez des paiements en dehors de la plateforme, ou si vous louez en direct, la collecte vous revient.
Location directe : vos obligations
Si vous louez sans passer par une plateforme (site personnel, bouche-à-oreille, petites annonces), vous êtes personnellement responsable de la collecte et du reversement de la taxe de séjour. Voici ce que la loi vous impose, selon le ministère de l'Économie :
1. Collecter la taxe auprès du voyageur
Ajoutez le montant de la taxe au prix du séjour ou prélevez-la séparément. Le montant doit apparaître sur la facture ou le contrat. Si vous utilisez notre contrat de location courte durée, vous pouvez y préciser le montant de la taxe applicable.
2. Tenir un registre
Vous devez consigner pour chaque séjour : la date de perception, le nombre de personnes, le nombre de nuitées, le montant collecté, et les éventuelles exonérations (mineurs). Ce registre peut vous être demandé en cas de contrôle.
3. Déclarer et reverser
Le reversement se fait aux dates fixées par la commune, en général chaque trimestre ou chaque semestre. La déclaration est de plus en plus souvent dématérialisée. Le comptable public assignataire de la commune est le destinataire du versement.
Le cas particulier de Paris et de l'Île-de-France
Depuis 2025, les hébergeurs en Île-de-France font face à une charge supplémentaire : une taxe additionnelle au profit d'Île-de-France Mobilités, créée par l'article 140 de la loi de finances 2024. Son montant est égal à 200 % de la taxe de séjour de base.
Pour un hébergement non classé à Paris avec un taux de 5 %, le total peut atteindre jusqu'à 15,93 € par personne et par nuit (taxe de base + taxe additionnelle IDF Mobilités + taxe additionnelle départementale). C'est le plafond applicable depuis le 1er janvier 2026.
Depuis le 1er avril 2025, la déclaration se fait mensuellement et le paiement trimestriellement via le portail dédié. Si vous louez via Airbnb ou Booking, la plateforme gère ce volet pour vous.
Les sanctions en cas de manquement
Le non-respect des obligations de collecte et de reversement expose à des sanctions prévues par le CGCT :
- Retard de reversement : intérêt de retard de 0,20 % par mois
- Défaut de déclaration : amende de 750 € à 12 500 €
- Omissions ou inexactitudes dans la déclaration : 150 € par erreur, plafonnées à 12 500 € par déclaration
- Taxation d'office : en cas de défaillance persistante, le maire peut engager une procédure de taxation d'office après mise en demeure. Vous disposez de 30 jours pour régulariser avant la mise en recouvrement.
La bonne nouvelle : si vous passez exclusivement par une plateforme qui collecte la taxe, vous n'êtes pas concerné par ces sanctions sur les réservations en question.
Questions fréquentes
Je loue sur Airbnb et en direct : comment ça se passe ?
Pour les réservations Airbnb, la plateforme collecte et reverse la taxe. Pour vos réservations en direct, c'est à vous de la collecter, la déclarer et la reverser. Les deux régimes coexistent sans problème, mais vous devez tenir un registre distinct pour vos locations directes.
Mon logement est classé meublé de tourisme : quel avantage ?
Le classement vous donne un tarif fixe (et souvent plus bas) au lieu du pourcentage appliqué aux non classés. Pour un meublé 3 étoiles, le plafond 2026 est de 1,60 € par personne par nuit. Pour un non classé au taux de 5 %, le montant peut dépasser largement ce niveau selon le prix de la nuit. Le classement est aussi requis pour bénéficier de l'abattement fiscal de 71 % en micro-BIC. Notre article sur la fiscalité de la location meublée courte durée détaille ce régime.
Dois-je mentionner la taxe de séjour dans mon contrat ?
Ce n'est pas une obligation légale stricte, mais c'est une bonne pratique. Préciser le montant de la taxe dans le contrat évite les contestations au moment du check-in. La déclaration en mairie est en revanche obligatoire avant de commencer à louer.
La taxe de séjour s'applique-t-elle en Outre-mer ?
Oui, les collectivités d'Outre-mer peuvent instituer la taxe de séjour dans les mêmes conditions que les communes métropolitaines. Les tarifs et taux sont fixés localement.


